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La Turquie : découverte des cités antiques

  • Photo du rédacteur: Emeline & Victor
    Emeline & Victor
  • 12 janv. 2022
  • 8 min de lecture

Du vendredi 10 décembre 2022 au mercredi 15 decembre 2022


Izmir Partis d’Istanbul à 4 h du matin, toujours en compagnie de nos deux acolytes Marc et Victorien, nous arrivons avec peine à 11h30 à Izmir. En effet, notre bus semble rencontrer des difficultés techniques sur toute la dernière partie de notre trajet. L’atmosphère est tendue, le chauffeur, agacé, parle véhément au téléphone. D’après ce que nous comprenons, il souhaite que la compagnie envoie un nouveau bus, ce qu’elle refuse ou n’est pas en mesure d’accorder. Heureusement, l’état du bus nous permet tout de même d’atteindre notre destination. Izmir c’est la troisième ville la plus connue de Turquie, après Istanbul et Ankara. Elle se situe à l’Est du pays, sur la côte Égéenne. Cette ville est immense, mais il n’y a pas pour autant énormément de choses à faire. C’est avant tout une destination idéale pour l’été en raison de ses plages. C’est raté pour nous, car même si la température est plutôt clémente, il pleut des cordes. On fait le tour du bazar et on se promène à Kulturpark. On profite de quelques éclaircies pour atteindre la partie haute de la ville grâce à l’ascenseur Tahiri, construit en 1907. On apprend d’ailleurs que les briques rouges caractéristiques entourant cet ascenseur proviennent de Marseille. Nous passons la soirée à chercher un restaurant où dîner, en raison de la pluie toutes les boutiques sont fermées.


Bergama Le lendemain, nous partons en excursion à la journée pour visiter les ruines de Pergamon et d’Aképolios qui se situent à côté de la ville de Bergama. Il faut compter 1h20 en mini-bus depuis Izmir. Aképolios est un site de traitement antique célèbre pour ses nombreux bains à eau thermale, ses chambres à rêves lucides, sa boue curative, ses soins postprandiaux, ses thérapies musicales. En plus d’être le centre de remise en forme des nobles de Pergamon, Aképolios est aussi la maison du célèbre physicien Galien, le père de la pharmacie.


Pour rejoindre Pergamon, l’acropole antique située à quelques kilomètres d’Aképolios, il faut traverser le village à pieds pour atteindre le téléphérique. Nous espérons, il est indiqué sur internet que le téléphérique est ouvert les beaux jours. Aujourd’hui justement, il fait beau, mais ce n’est pas pour autant que le téléphérique fonctionne. Dépités, nous nous imaginons déjà devoir monter tout en haut de la colline. Ce n’est pas l’effort physique qui nous embête, l’ascension n’est que de 350 mètres, mais plutôt le temps qu’il nous faudra. Il nous reste seulement deux heures de visite avant de retourner dans le centre-ville pour prendre notre mini-bus retour vers Izmir. Déterminés à visiter Pergamon avant de partir, nous débutons notre ascension. Par chance, un taxi passe par là juste au bon moment. 15 minutes de route plus tard, nous sommes en haut de la colline. Le plus étonnant est qu’on a payé seulement 30 liras (environ 1,90€), ce qui est moins cher que deux billets de téléphérique. L’acropole est superbe, la vue est splendide ! On se promène parmi les ruines et le chant de l’imam qui appelle à la prière nous rappelle qu’on est en Turquie et non pas en Grèce. Cette ancienne acropole était le lieu de résidence des rois et aristocrates. On y voit les ruines des palais royaux, des arsenaux, du temple de Trajan et de la bibliothèque, monument très important et célèbre pour être la deuxième plus grande bibliothèque du monde à l’époque, après celle d’Alexandrie. On termine notre visite par le temple d’Athéna et le théâtre. C’est à Pergame que le parchemin fut inventé, en réaction à la restriction de livraison de papyrus exercé par l’Egypte qui avait peur que la bibliothèque de Pergamon dépasse celle d’Alexandrie.


Notre visite terminée, nous demandons au guichet du site de nous appeler un taxi. C’est très juste niveau timing, il ne fait cependant jamais sous-estimer les taxis turques, nous arrivons quelques minutes en avance ! Ce soir, nous dînons en compagnie de Marc et Victorien. On s’achète quelques baklavas pour le dessert, les premiers depuis que nous avons mis les pieds en Turquie. Alors qu’on demande au vendeur où est-ce qu’on peut boire du thé, il nous invite spontanément dans sa boutique et nous offre de quoi boire en dégustant nos pâtisseries. Ephèse Alors qu’hier nous avons visité le centre de traitement et le lieu d’habitation des nobles durant l’Antiquité, nous partons aujourd’hui sur les traces d’une des cités les plus influentes de l’époque, la cité d’Ephèse. De nouveau, nous partons d’Izmir, où nous avons dormi et avons dit au revoir à Marc, qui rentre en France demain dans la journée. La cité antique d’Ephèse se trouve à côté de la ville de Selčuk, dans laquelle on se rend facilement en mini-bus. Ce n’est pas sans une pointe d’émotions que nous faisons nos premiers pas dans cette cité, autrefois si puissante. C’est toujours étrange d’imaginer qu’il y a plusieurs milliers d’années, les maisons étaient habitées, les rues bondées, le théâtre et la bibliothèque animés… On voit ici l’héritage d’une des plus importantes civilisations de notre monde. Alors, à notre tour, nous nous demandons, quel héritage laisserons-nous ? L’entrée dans la cité se fait via la rue principale, marbrée et équipée, déjà à l’époque, d’un système d’égouts. On croise les ruines du gymnase puis on atteint le théâtre, magnifique. Pouvant accueillir jusqu’à 25 000 spectateurs, c’était ici que se déroulaient les combats de gladiateurs. C’est d’ailleurs dans ce théâtre d’Ephèse qu’a eu lieu le tout premier combat de gladiateurs de l’histoire, le premier d’une grande série, en 69 avant JC., sous les auspices du gouverneur romain Lucullus. En continuant un peu plus loin, on aperçoit la superbe bibliothèque de Celsius, érigée en l’honneur du gouverneur du même nom au 2ème siècle avant JC. De cette bibliothèque, partiellement détruite par un feu (dont on ignore encore si la cause était naturelle ou non) et un tremblement de terre, il ne reste que sa somptueuse façade, sur laquelle se dresse quatre statues représentant les quatre qualités attribuées au gouverneur. Sofia pour la sagesse, Ennoia pour l’intelligence, Espiteme pour la science et enfin Arête pour la vertu et l’excellence.



En plus du théâtre et de la bibliothèque, nous voyons le temple de l’Empereur Hadrien, la fontaine de Trajan, les maisons en terrasse, l’odéon, les latrines publiques, la maison close, le temple de Domitien.


Un autre monument attire notre attention, plus pour son histoire que pour son esthétisme : l’octogone. Il s’agirait du tombeau d’Arsinoé, petite sœur de Cléopâtre. L’histoire raconte qu’Arsinoé fut assassinée par sa grande sœur, Cléopâtre, en raison d’une divergence d’opinion quant à la conduite à tenir par rapport à l’empire romain. Alors que Cléopâtre désire s’unir à Rome et rêve déjà de gouverner l’un des empires les plus puissants de l’histoire, Arsinoë refuse cette collaboration et profite de l’absence de sa sœur pour la remplacer à la régence de l’Egypte. Au retour de Cléopâtre, Arsinoë est forcée à l’exil et trouve refuge dans la cité d’Ephèse. L’assassin envoyé par Cléopâtre saura toutefois très bien la trouver… Nous terminons notre visite par les ruines de la cathédrale sainte-marie. Il faut savoir que la cité d’Ephèse est importante pour la chrétienté puisque c’est dans cette cité que l’apôtre Jean aurait rédigé l’évangile qui porte son nom, ‘l’évangile selon Jean’. Avant de prendre notre bus en direction de Pammukale, nous visitons le musée d’Ephèse, dans le centre-ville de Selčuk. Pammukale Nous arrivons à Pammukale assez tard, et nous attendons l’arrivée de Victorien à la gare routière. Il nous accompagnera dans notre voyage à travers la Turquie durant les prochains jours. Il n’est pas question de visiter ce soir, nous programmons une bonne nuit de sommeil pour nous lever tôt demain matin dans l’espoir de voir le lever du soleil sur le site de Pammukale. Malheureusement, le lendemain, le soleil est caché par les nuages. Et c’est sous la pluie que nous découvrons les bassins d’eau thermale et les dépôts de calcite qui donne à la colline une couleur blanche, d’où son nom “Pammakule” qui signifie “le château de coton” en turc. Jouxtant cette colline, nous nous promenons dans les ruines de la station thermale de Hiérapolis, fondée par les Romains en 190 avant JC. La piscine antique, dans laquelle on peut se baigner pour 100 liras (environ 6 €), contient les ruines de colonnes des monuments de la ville. La plupart des monuments sur ce site ont été endommagés suite à plusieurs tremblements de terre.


Cette matinée est incroyable ! Après avoir marché (sous la pluie) à travers les ruines de la ville, nous redescendons la colline blanche par les bassins d’eau thermale. Moi qui n’avais aucune envie d’enlever mes chaussettes (obligatoire pour marcher sur ce sol de calcite), je n’ai plus aucune envie de les remettre à la fin de cette ballade. C’était tellement agréable de tremper mes pieds froids dans cette eau naturellement chaude ! On a même la chance d’avoir quelques éclaircies en redescendant.


En attendant notre mini-bus direction Antalya, on aperçoit trois montgolfières toutes proches qui montent lentement dans le ciel. La vue d’en haut doit être époustouflante ! Mais un peu de patience, une expérience encore plus belle nous attend dans quelques jours ! Antalya 3h30 plus tard ce même jour, nous arrivons à Antalya. Et quelle surprise lorsque nous arrivons à notre logement. Insalubre, avec une forte odeur de cigarette ! Heureusement que nous n’y ferons que dormir… Le lendemain matin, nous nous dirigeons vers le musée archéologique d’Antalya qui nous raconte l’histoire de la région de la période préhistorique à la période antique. Victorien nous y rejoint accompagné de la personne qui l’héberge pour deux jours. Le musée est magnifique, plusieurs miniatures des lieux historiques majeurs sont présentées.


Après cette parenthèse culturelle, nous rejoignons le centre-ville en trottinette électrique et on fait le tour de la vieille ville. Sur notre chemin, on croise un homme, Franco-turc, propriétaire d’une agence de voyage. C’est lui qui nous conseille de louer une voiture pour notre programme du lendemain. On n’hésite pas longtemps. Nous avons prévu d’aller visiter Thermessos, une ville antique perdue en pleine nature. Il y a bien un bus qui passe par là, mais il nous dépose beaucoup trop loin du site pour qu’on puisse espérer faire autre chose de notre journée. Louer une voiture nous permettrait de faire plus.



Thermessos, Düden, Perge Comme prévu, nous allons de bonne heure, chercher la voiture à l’agence de location. Dès que c’est fait, nous nous dirigeons vers Thermessos, une ville antique perdue en pleine montagne à 1050 mètres d’altitude. Bien sûr, après tout ce temps, la nature a repris peu à peu ses droits, donnant aux ruines de cette cité antique un côté mystérieux et aventureux. L’édifice le plus impressionnant est son théâtre construit à flanc de falaise. Il n’y a pas de mot pour décrire la sensation que procure la vue sur les montagnes. En redescendant, nous nous arrêtons un instant pour contempler les tombes que contient le vieux cimetière.


De retour dans la voiture, nous roulons en direction de la cascade de Düden, dans les terres au Nord d’Antalya. On ne s’attend pas à trouver une cascade lorsqu’on rentre dans le parc, d’ailleurs principalement côtoyé par les personnes locales. Nous passerons un bon moment, non seulement la cascade est plaisante à regarder, mais une grotte aménagée nous permet d’observer quelques chauves souries et de passer sous la cascade. De beaux endroits pour prendre de belles photos ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la majeure partie des gens sont présents.


On continue notre journée par la visite de Perge, cité antique fondée vers 1000 avant JC. On y voit le stadium, le théâtre, l’agora, plusieurs fontaines et la voie principale longée de colonnes.


On termine tranquillement notre journée de nouveau par la cascade Düden, même cette fois-ci beaucoup plus au sud, à l’endroit où la cascade se jette dans la mer. Le ciel, orageux, contraste avec le bleu de la mer. Très vite, l’orage éclate et on prend plaisir à observer les éclairs au loin.


A 18h30, nous rendons la voiture. Nous allons enfuisse nous restaurer avant de prendre notre bus à minuit pour Cappadocia.

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