top of page

Du Nord au Sud : Road-trip à moto sur les routes vietnamiennes

  • Photo du rédacteur: Emeline & Victor
    Emeline & Victor
  • 21 déc. 2022
  • 12 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 déc. 2022

Pour cette redécouverte du pays des Viets, notre programme est aussi merveilleux qu’éprouvant, aussi intense que court: 2000 km en 20 jours, c’est parti pour la traversée du Vietnam à moto !

Notre objectif est très simple : rejoindre Ho Chi Minh (le sud), depuis Hanoï (le nord). Si c’est simple sur le papier, nous découvrirons très rapidement qu’il nous faut développer bien d’autres qualités que la simple conduite d’un deux-roues ou une excellente organisation pour achever un tel périple.


Les aspects logistiques

Partir à l’aventure, c’est fun ! Encore faut-il s'y préparer ! Voici notre préparation en quelques points :

Louer ou Acheter ?

Choisir entre la location et l’achat nous a accaparé pas mal de temps et d’énergie. Nous avons lu de nombreux articles de blog sur le sujet, la majorité d’entre eux, nous incitant à acheter sur place pour ensuite revendre avant notre départ. Toutefois, les deux solutions ont leur part d’avantages et d’inconvénients, ce qui fait que notre cœur balançait encore entre les deux au moment où nous nous sommes présentés à l’adresse de l’agence repérée en amont sur Internet. Notre stratégie est alors simple : connaître les offres de location et d’achat, afin de prendre position.

Après une rapide conversation avec le gérant, nous décidons de louer. L’argument qui a fait toute la différence est l’assistance qu’il nous offre. N’ayant ni l’un ni l’autre, de compétence en mécanique, savoir qu’une personne est disponible en un coup de téléphone nous a beaucoup rassuré. Il ne faut pas oublier que nous partons pour une route de plusieurs milliers de kilomètres, augmentant les chances d’avoir une casse ou une panne sur la bécane.

Agence de location : Phung Motorbike, Hanoï

Le choix de la bécane

Différent type de deux-roues étaient disponibles : des motos, des scooters, manuels, semi-automatiques ou automatiques, avec différents niveaux de cylindré.

Bien que nos avis soient divergents (Emeline souhaitait une automatique à l’inverse de Victor), nous choisirons une Honda Win manuelle. Outre le fait que ce soit la proposition la moins chère de l’agence, c’est aussi un modèle résistant et facile à réparer.

L’avantage de l’automatique est que c’est plus facile à conduire, dans un pays où toute notre attention doit être dirigée vers la route.

Même après 9 mois de tour du monde, nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout. L’avantage est qu’on excelle maintenant dans l’art de faire des compromis : Emeline ne se sent pas de louer une moto manuelle, car pas assez d’expérience pour rouler en toute sécurité au Vietnam… Très bien, Victor se chargera de la conduite, Emeline des photos et vidéos.



Le prix de la location

La location de la Honda Win pour 20 jours nous a coûté 4 500 000 dôngs, soit environ 184 euros (9 euros par jour).

Etaient inclut dans la location :

- Deux casques,

- Un porte à bagage (en plus de celui déjà présent sur la moto),

- Des tendeurs (pour fixer notre sac sur le porte à bagage),

- Un porte téléphone (et des élastiques pour le sécuriser),

- De l'huile pour mettre régulièremment sur la chaîne de la moto (tous les 300 km),

- Les problèmes liés à l'usure naturelle de la moto,

- Le service de soutien téléphonique pour tout problème rencontré lié à la moto.


N’étaient pas inclut dans la location :

- Les vidanges (à réaliser tous les 1000 km),

- Les problèmes liés à une mauvaise utilisation de la moto,

- Les crevaisons.


Et nos affaires alors ?

Gérer nos sacs à dos a été un autre problème logistique à résoudre. A deux sur la moto, il n’était pas possible de faire tenir deux sacs à dos d’environ 11 à 15 kg sur le porte-bagage.

Nous avons pensé à une solution des semaines avant même d’arriver au Vietnam, il faut dire qu’avoir de la famille sur place nous a largement aidé. Nous avons tout simplement envoyé l’un de nos sacs à dos par voie postale à notre point d’arrivée, chez le cousin de Victor. Ça nous a coûté 13 euros et c’est arrivé en 6 jours (au lieu des 10 jours annoncés au moment de l’envoi). Ça nous a permis de voyager léger, et même si elle ne nous l’a pas dit, la moto nous en remercie !

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir de la famille au sud ou au nord du Vietnam, mais le service client est plutôt performant dans le pays et n’importe quel hôtel se fera une joie de réceptionner vos affaires, à condition de séjourner au moins une nuit chez eux.


Notre itinéraire global

Le grand objectif de notre road-trip est de rejoindre la ville d’Ho Chi Minh, au départ de la capitale, Hanoi. Concrètement, ça veut dire parcourir plus de 2700 km en 20 jours et passer beaucoup, beaucoup… beaucoup de temps sur la moto !

Le choix de l’itinéraire s’est fait naturellement, la géographie du pays n’offrant pas une multitude de solutions. Il nous a fallu choisir à certains moments entre la route côtière et la route de montagne, plus dans les terres. La montagne est et reste notre terrain préféré alors le choix a été vite fait !

Pour finir, nous avons prévu des arrêts à certains points clés, comme des lieux naturels incontournables (la baie d’Ha Long, Ninh Binh, le parc national de Ke Bàng…), ou des villes d’exceptions (Hué, Hoi An, Dalat…). Sillonner le pays du nord au sud veut également dire passer par des étapes moins réjouissantes et par des routes interminables (puisque nous ne maîtrisons pas encore l’art de la téléportation).

Le drame de cette aventure est qu’elle ne s’achèvera jamais, du moins pas à moto. Une mésaventure nous conduira à prendre un bus pour les 300 derniers kilomètres, entre Dalat et Ho Chi Minh. Et c’est ainsi qu’au lieu des 20 jours initialement prévus, nous n’en passerons que 13 à moto.

Voici en image l’itinéraire de ces 13 jours sur la route :


La vie d’un road-trip à moto

Les premiers kilomètres

La moto est chargée, nous sommes en selle, un premier coup d’accélérateur, l’engin est lancé. Il est 7 heures du matin, on débute notre road-trip à moto. L’enthousiasme de la découverte et l’exaltation du défi nous font presque oublier l’appréhension de la route.

L’exercice du road-trip, on maîtrise bien : 3000 km en 16 jours sur la côte ouest des États-Unis, suivie de la Slovénie, de l’Albanie puis de la Croatie. Les longues heures de route et l’accumulation de la fatigue sont largement compensées par la beauté des paysages et par la liberté de mouvement qu’avoir son propre moyen de transport procure.

Néanmoins, cette fois, l’exercice diffère en ce qu’il se fera à moto. Là aussi, on ne part pas sans une certaine expérience : on a loué de nombreux deux-roues au cours de nos aventures, pour une journée ou deux seulement, pour faire le tour d’une île ou découvrir la campagne alentour des grandes agglomérations. Rouler pendant 20 jours, traverser un pays du Nord au Sud, avec une moto manuelle, c’est une tout autre histoire, c’est un véritable challenge que nous partageons dans cet article.

La première étape, l’une des plus importantes, nous familiarise avec ce qui va être notre quotidien durant les prochains jours : des routes irrégulières juchées de conducteurs irrespectueux des règles (pour ne pas dire des autres), un soleil de plomb, la poussière, le manque de panneaux de signalisation, le mal au dos, le mal aux fesses… Grand bien nous fasse, la pluie nous épargne pour cette fois !

C’est aussi lors des premiers kilomètres que nous nous familiarisons avec la moto. Le passage des vitesses est de plus en plus fluide au fur et à mesure des kilomètres. 80 km/h au maximum de sa puissance, ça ira, les routes sont la plupart du temps limitées à 60 km/h. De quoi nous laisser le temps de nous enivrer des paysages et de découvrir la vie locale, loin des grandes villes.





Les paysages, la vie locale

Si la traversée du Vietnam se prête si bien à l’exercice du road-trip, c’est en raison de la beauté de ses paysages et de l’aspect scénique de la vie locale. Nous découvrons avec exaltation l’effervescence des villes et la vie simple des campagnes.

Se succèdent les rizières verdoyantes, les montagnes majestueuses, les reflets bleutés de la mer…

Nous voyons les paysans, de l’eau jusqu’aux genoux, semer ou organiser leur plant de riz, les pêcheurs partis en mer dès les premières lueurs du jour, les enfants jouer devant leur maison, les vendeurs de fruits et légumes faire commerce, les chiens faire la sieste sur la route (il ne tient qu’à nous de les éviter).

Au nord, le riz sèche à même la route, devant le champ ou devant les maisons, remplaçant momentanément l’allée occupée habituellement par les chaussures et les motos. Le riz y est étalé en longueur, laissant tout juste la place pour une voiture. Le paysan, lui, veille au grain (on peut le dire), ratisse ou balaye, récupérant le moindre grain de riz soufflé par le vent.

Au fur et à mesure de notre descente vers le sud, le riz disparaît et laisse sa place au piment, à la canne à sucre, aux haricots, aux crevettes et poissons.

Aux rizières, s’ajoutent les plantations de thé et de café, de maïs et de goyaves. On passe par un volcan inactif, qui nous sublime par ses multiples carrés de couleurs différentes. Chaque surface disponible est utilisée pour les cultures. Vers Dalat, les plantations de fruits du dragon foisonnent.

A chaque village que nous traversons, nous passons sous des concerts d’œillades surpris, de sourires, de signes de mains ou de têtes. Les gens semblent contents de nous voir et ça, ça nous fait très plaisir. Spontanément, les locaux s’arrêtent, nous demandent d’où on vient, ou on va, nous orientent. La communication en anglais n’est pas évidente, très peu de personnes comprennent, encore moins sont capables de répondre. Victor n’a pas tout oublié de ses notions de Vietnamiens, c’est un véritable atout.




Le rythme

Si, dans certains pays, nous adapter au rythme local n’est pas d’une grande importance, la question du rythme, a été, pour nous, centrale au Vietnam.

Les Vietnamiens se lèvent tôt, et mangent leur petit-déjeuner dans la foulée. Ils ne déjeunent pas plus tard que midi et dînent vers 18h30 - 19h.

Ne pas respecter ce rythme, c’est prendre le risque de n’avoir qu’un paquet de chips en guise de déjeuner ou de dîner, notamment dans les campagnes. La raison est simple : ils cuisinent un certain stock de nourriture qu’ils vendent. Lorsque ce stock est terminé, ils n’ont plus rien à vous proposer.

Dans ce cas, il ne reste plus qu’à trouver un restaurant plus cher, qui cuisine à la demande. Le problème est que les petits villages de montagne n’ont généralement pas ce type de restaurants.

Le deuxième ajustement, en concordance avec le premier, est le temps de sieste. Entre 13h et 15h, il est difficile de trouver un magasin ouvert dans les campagnes. Et encore, on a vu aussi des cliniques fermer en ville au moment de la sieste. C’est important de prendre en compte pour mieux s’organiser.

Passer les quelques déconvenues des premiers jours, nous nous sommes vite rodés et avons même fini par apprécier ce rythme.





Le prix à payer...

Rouler des heures sous un soleil de plomb à la recherche des plus beaux paysages, à la rencontre de la population locale n’est pas un exercice reposant.

Après quelques heures sur la moto, nos corps n’en peuvent plus. Nous nous tortillons dans une vaine tentative de trouver une position qui nous soulagera. C’est peine perdue, la seule solution est de descendre quelques minutes, au mieux, quelques secondes de la moto, retrouver l’usage momentané de nos jambes. Chose qui semble d’ailleurs, aussi douloureuse qu’apaisante au début. Et encore, nous savons pertinemment que lorsque la douleur fait son apparition, ce n’est que le début. Au début de notre aventure, nous espérions ardemment que nos corps s’habituent, se disant alors pour nous réconforter : « c’est juste l’histoire des trois premiers jours, ça ira mieux après ». Et bien non, même après les trois premiers jours, ce n’est pas allé mieux.

Peu importe, on remonte sur la moto, sachant pertinemment que la douleur se présentera de nouveau dans quelques minutes, animé, cette fois d’une seule une idée : en finir le plus vite possible pour la journée. Le soulagement, on le ressent à chaque fin d’étapes. Les dernières minutes sont toujours les plus longues, semblant s’étirer et durer des heures.

En plus des douleurs, nous sommes exposés directement aux éléments. Le soleil de plomb est le plus dur à supporter, brûlant chaque partie de corps exposée. Nous achèterons des gants pour protéger les mains de Victor, Emeline fera quant à elle toute la traversée sa veste à capuche sur la tête.

La pluie, bienvenue, nous permet de nous rafraîchir. Jusqu’à temps qu’elle s’infiltre lentement dans nos chaussures et qu’elle rendre la chaussée glissante. C’est surtout sur les derniers jours, dans la montagne, que nous la redoutons.

Mais à terme, nous apprenons à avancer avec les intempéries, nous apprenons à ne plus désirer la pluie lorsque nous avons trop chaud, ni espérer le soleil lorsque nos chaussures sont mouillées.

Nous apprenons à anticiper les douleurs de nos corps, à les endurer, à les supporter et finalement, à ne plus les sentir. On apprend à orienter notre attention sur la beauté de paysages, sur les visages que l’on croise sur notre passage et déjà, la douleur se fait un peu plus supportable.




La corruption policière

Le plus frustrant pour nous a été le contrôle de police. Si nous en avons croisé plusieurs, nous nous sommes réellement fait arrêtés à deux reprises. La première fois, les circonstances étaient contre nous, nous roulions à 62km/h dans une zone limitée à 50km/h. C'est là notre première infraction. De plus, il faut savoir que le permis de conduire français et le permis international ne sont pas valides au Vietnam. Pour être en règle, il vous faut un permis de conduire vietnamien. C’est donc notre infraction deuxième infraction.

A ces deux infractions, s’ajoute une troisième : l’absence des papiers du véhicule, le loueur les ayant gardés par peur d’une tentative de vol. Evidemment, on le comprend, ces trois infractions font monter le montant de l'amende, qui s'avère en effet, plutôt élevée si l'on considère que l'on est au Vietnam : 3 millions de dôngs (environ 120€). Ce qu'on aime moins, c'est l'attitude de la police, qui refuse de nous faire de nous donner une contravention, qui nous immobilise jusqu'à temps qu'on paye, en cash. C'est là que la corruption commence : voyant nos têtes perplexes, le policier nous dit très calmement que si on lui donne 1 million, il veut bien nous laisser partir de suite. On sait très bien comment ça se passe au Vietnam, la corruption des autorités n'est une surprise pour personne, n'empêche que c'est toujours une étape à franchir, de parvenir à négocier le prix de son amende. Nous paierons 600 000 dongs (24€) pour avoir le droit de nous remettre en selle. C'est plus cher que ce qu'un Vietnamien aurait payé pour ces infractions, bien sûr, mais ça reste tout à fait correct.

Les policiers, nous les avons très souvent croisés, mais nous ne nous sommes faits arrêtés qu'une seule fois après cette expérience. Cette fois-là, nous avons juste eu besoin de retirer nos casques pour qu'il se rende compte que nous sommes étrangers. Il nous a alors laissé partir directement. Pas envie de s'embêter à parler anglais ou générosité envers des touristes ? On choisit de croire en la deuxième option ! Il faut dire aussi, que, contrairement à la première fois, nous n'étions pas en infraction.

Une fin de voyage imprévue

Le treizième jour de notre road-trip, une pluie torrentielle s'abat sur nous. Nous sommes trempés, nos pieds baignent dans l'eau de nos chaussures. Il nous reste encore plusieurs heures à rouler, nous troquons alors nos chaussures de randonnées contre nos sandales. Ce n'est pas très prudent, nous le savons et c'est bien pour ça que nous ne l'avions pas fait plus tôt. Nous entamons la route de montagne entre Buon Ma Thuot et Dalat. 207 kilomètres plus tard, nous arrivons à Dalat, où nous allons directement à l'hôpital. Il y a deux heures, alors que nous étions à une centaine de kilomètres de Dalat, la moto devant nous signale tourner à gauche, avant de tourner finalement à droite, nous envoyant au fossé. Ce sont les habitants du coin, qui nous aiderons à nous relever, à nous désinfecter les pieds et les jambes et à redresser notre moto. Le motard en cause dans cette histoire ? Plus aucune trace de lui…

Nos blessures sont légères, un point de suture pour Victor et une piqûre de rappel du Tétanos suffisent à nous remettre sur pieds.

La moto, quant à elle, roule toujours malgré son guidon tordu et son phare cassé. C'est d'ailleurs grâce à elle que nous avons pu parcourir les derniers 100 kilomètres jusqu'à Dalat.

Néanmoins, la fatigué accumulée, l'ascenseur émotionnel de ces derniers jours, et l'état de la moto, nous poussent à choisir la voie de la sûreté : nous prenons un bus pour la capitale, Ho Chi Minh, dès le lendemain. La moto nous suivra en camion.


Quelques mots de clôture

Une aventure, une vraie ! C'est la sensation que nous laisse cet incroyable road-trip. C'est ce que l'on cherchait depuis des mois : un périple que l'on savoure et que l'on redoute à la fois, qui nous apprend autant qu'il nous éprouve.

Partir à l'inconnu, tracer notre propre route, découvrir des endroits reculés et sauvages, communiquer avec les gens par les sourires et la langue des signes, c'est la raison première qui nous a inspiré à prendre nos sacs à dos, il y a maintenant plus d'un an. Et alors, quel sentiment de liberté d'avoir pu réaliser tout ce chemin à moto.

Certes, cette aventure n'a pas la fin que nous espérions. Mais la vie ne va pas sans danger et ce sont ces moments qui nous font prendre conscience que tout peut s'arrêter bien trop tôt. C'est là aussi, l'une des raisons qui nous a motivé à partir explorer le monde.

Comme toutes nos expériences, toutes nos découvertes et tous nos périples, celle-ci restera profondément ancrée dans notre mémoire, du moins aussi longtemps que les cicatrices qui parsèment maintenant nos jambes et nos pieds !

1 commentaire

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
Micky-Mireille Solano
Micky-Mireille Solano
22 déc. 2022

Great article...thanks guys...!!!

J'aime
  • Polar step logo
  • Instragram logo
  • Facebook
  • Patreon logo

©2021 par Backpack & Us

bottom of page