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La Turquie de l’Est : de Sanliurfa à Erzurum

  • Photo du rédacteur: Emeline & Victor
    Emeline & Victor
  • 11 févr. 2022
  • 12 min de lecture

Du dimanche 19 décembre 2021 au jeudi 30 décembre 2021

Sanliurfa

Nous quittons la belle région de Cappadocia pour nous rendre dans le sud-est du pays, à Sanliurfa. De nouveau, nous prenons un bus de nuit, la meilleure alternative lorsque nous avons un long trajet. Ça nous permet de ne pas perdre de journée et surtout d’économiser une nuit d’hôtel 😁. On arrive à notre destination à l’heure, malgré les 30 minutes du bus de retard au départ.

A Sanliurfa, une nouvelle aventure nous attend : celle du Couchsurfing. Nous en avions déjà beaucoup entendu parlé et nous avions été tenté plusieurs fois, sans jamais sauter le pas. Marc et Victorien ont d’ailleurs privilégié le Couchsurfing durant leur voyage et étant donné que Victorien nous colle encore aux basques, c’est le moment d’essayer.

On rejoint l’appartement de notre hôte, Fatma en bus de ville. Et comme nous n’avons pas trouvé comment acheter une carte de transport et qu’il ne semble pas possible de l’acheter directement auprès du chauffeur de bus, on ne paye pas le premier bus. Quant au deuxième bus, un homme nous vient en aide en validant sa carte pour nous contre 10 liras (0,60 €).

L’appartement de Fatma est spacieux, et la cuisine est remplie de petites plantes (elle effectue de la recherche pour le gouvernement dans le domaine de la biologie végétale). Alors que Fatma va se recoucher après nous avoir accueillis, on décide de faire une petite sieste.

Sanliurfa signifie « Urfa la glorieuse » et doit ce nom à la résistance légendaire face aux troupes françaises en 1920 qui occupaient la ville depuis 1919. Urfa compte environ 2,5 millions d’habitants dont 1,5 millions de Turcs et 1 million de Kurdes.

On commence la visite de la ville par le musée archéologique, le plus grand de Turquie, qui retrace l’histoire de l’homme dans la région depuis la période paléolithique. L’intégralité du musée est composée d’une succession de scènes qui retracent le mode de vie des hommes préhistoriques. Le tout s’accompagne d’explications exhaustives sur les grandes périodes et d’objets archéologiques. Il faudrait une journée complète pour lire toutes les informations et certainement une semaine pour les intégrer ! Nous complétons avec la visite du musée des mosaïques d’Edesse.



Fatma nous récupère en voiture, accompagnée d’un de ses amis, et nous propose de nous emmener à notre prochaine visite : le site préhistorique de Göbekli Tepe, le plus ancien temple de l’humanité. Avant d’accéder au site, nous assistons à une cinématographie incroyable mise en place par le musée représentant la vie des hommes préhistoriques.



Fatma nous conduit ensuite dans le centre-ville d’Urfa et nous fait découvrir le « Menengic café », une spécialité locale composé d’un café saupoudré de pistache. On en profite pour explorer le vieux bazar, même si beaucoup de magasins sont fermés à 18h. Nous allons voir la grotte d’Abraham, le lieu de naissance du prophète en question. Les hommes et les femmes entrent dans deux entrées distinctes. Victor et moi effectuons la visite séparés par un paravent.



Il existe beaucoup de légendes à propos d’Abraham dans la région. L’une d’elle raconte qu’Abraham vécut dans cette grotte jusqu’à ses 7 ans, pour échapper à la fureur du roi assyrien Nemrut, persuadé qu’un nouveau-né lui volera un jour son trône. Pour cette raison, il fait assassiner tous les nouveaux-nés. Abraham survit et lutte contre l’idée du polythéisme en vigueur à l’époque. Le roi Nemrut le capture et le fait immoler. Dieu intervient et transforme Abraham en poissons et les braises en eau. De cette légende, reste actuellement le lac « Balikli » dont les poissons sont sacrés et les eaux réputées comme étant curatives.

Juste à côté du lac, se situe la mosquée Mevlidi et l’une des plus vieilles universités du monde.




Nous dînons en compagnie de Fatma et son ami dans un restaurant typique puis nous terminons notre soirée en écoutant de la musique traditionnelle turque en live. On s’immerge dans la vie nocturne d’Urfa, et même si les codes culturels nous manquent, on y prend du plaisir. J’ai même la chance d’apprendre une danse traditionnelle en compagnie de Victorien et de Fatma. Victor préfère regarder de loin, nous filmer et rire de nous discrètement. Les hommes jouent du tambour et chantent (uniquement les hommes peuvent chanter dans ce genre d’endroit). Les pourboires, nombreux, sont lancés directement sur les musiciens. Le tambourineur met le feu plusieurs fois à son tambour, assure le show et récolte toujours plus de billets. Les hommes à notre droite n’hésitent pas à lancer des liasses de gros billets. On est autorisé à filmer tout le monde, sauf eux. On se demande un instant si ça ne serait pas des hommes de la mafia…




On est assis, pieds nus, sur des coussins à même le sol. Devant nous, les tables sont remplies de corbeilles de fruits, de boissons et d’autres petits amuse-bouche. Le serveur passe devant nous et semble nous offrir un petit café. On ne sait pas très bien si c’est offert ou si c’est payant. La réponse c’est Fatma qui nous l’apporte : la tradition veut que les clients boivent le café puis rendent la tasse main à la main au serveur. Si la tasse est posée sur la table, le serveur exigera un pourboire. Nous payerons donc un pourboire pour cette fois 😅.

Fatma nous explique qu’elle vient ici très régulièrement, voir même tous les soirs certaines semaines. On comprend qu’on est en présence de la jeunesse privilégiée de Turquie. Et le retour à la maison façon « fast and furious » de Fatma nous le confirme. Elle nous précise que les contrôles de vitesse ne lui font pas peur, l’un de ses amis dans la police s’en occupe pour elle.

Mardin

Après une bonne nuit de sommeil sur le canapé de Fatma (c’est Victorien qui a eu le droit à la chambre), nous prenons un bus direction Mardin.

Sur la route, le bus est arrêté par un contrôle de police. Nous ne comprenons pas très bien ce qui se passe, il semble que les policiers vérifient prioritairement l’identité des Kurdes. Ils nous demandent nos passeports, nous rendent celui de Victor presque immédiatement, emmène le mien à un de leurs collègues à l’extérieur. Après plusieurs minutes d’attentes, le collègue en question rentre à son tour dans le bus, me demande ma profession, discute encore pendant plusieurs minutes avec ses collègues puis me rend mon passeport. On ne sait pas trop ce qui vient de se passer. On se demande si c’est le tampon de l’immigration qu’ils ont eu du mal à trouver (il est pourtant bien visible) ou si ce sont les autres visas que contient mon passeport qui ne leur a pas plu 🤷🏼‍♀️.

En plus de ce contre-temps, le bus nous dépose bien avant l’arrêt prévu et nous indique de prendre le bus de ville. Le chauffeur du bus de ville en question n’est pas content du tout de nous voir débarquer avec nos sacs à dos. Et on comprend pourquoi quand, quelques arrêts plus loin il est tellement complet que les gens ne savent plus où se mettre. Et nous, on est bien gêné de leur imposer nos sacs à dos.

De nouveau, nous devons changer de bus. Finalement, ce trajet de 3 heures initialement a duré 5 heures.

Mardin, c’est une ville située très proche de la frontière syrienne, où la majorité de la population est Kurde.

Évidemment, quand on a annoncé il y a quelques jours aux Turcs qu’on se rendait à Mardin, ils nous ont mis en garde. Les relations entre les Kurdes et les Turcs sont tendus, ce n’est pas une surprise. Nous avons passé une très bonne soirée traditionnelle turque la vieille, et nous ne le savons pas encore, mais nous passerons dans quelques heures un très agréable moment avec des kurdes. Il s’agit d’une cité majoritairement médiévale, construite sur une colline qui donne une vue splendide sur les plaines mésapotaniennes. Cette vue magnifique, nous ne la verrons pas, elle restera cachée derrière le brouillard épais et la pluie incessante.

L’hôtel que nous avons choisi est agréable. La chambre propre et spacieuse, les murs recouverts de pierres nous font penser à la chambre cave que nous avions réservée à Gorëme (Cappadocia). Il y a même un puits dans la chambre, recouvert d’une plaque de verre.



Nos affaires déposées, nous nous mettons en quête d’un café pour échapper à la pluie et se réchauffer. On trouve une espèce d’auberge, le gérant, Saddam, est assis devant son poêle fait maison (un simple tonneau en ferraille et un tuyau posé au-dessus, alimenté par les barreaux des chaises) avec l’un de ses amis. Il nous invite à nous joindre à eux. Nous buvons du thé et du café. Et si la conversation se veut timide au début, le thé et le café laissent la place au raki et au vin maison (un seul verre car il est infect), à la bière et aux gins tonic. Saddam nous fait aussi découvrir sa liqueur de vin, confectionné par ses soins. C’est excellent !

Nous resterons finalement la soirée avec lui et ses amis de passage, à chanter, manger, boire du vin fait maison (qui est mauvais, il faut le dire), et danser. Saddam est kurde, il nous explique comment il a travaillé pendant 20 ans dans un hôtel en Allemagne où il a appris la langue et perfectionné son anglais, son français et son russe. Depuis l’arrivée du COVID, il n’est plus possible de travailler à l’étranger pour lui. Il est donc rentré au bercail, repris l’affaire familiale et attend sa première fille.

Ses amis sont musiciens, professeurs à l’université ou bien vignerons. L’un d’entre eux est un ancien de la guérilla.

Cette soirée nous coûte chère (l’alcool est cher en Turquie), c’est notre dernière soirée en présence de Victorien (qui prend le chemin de la France demain). Et puis, s’immerger dans une nouvelle culture n’a pas de prix.



Le lendemain matin, le réveil est difficile. En raison des excès de la vieille, c’est évident, mais aussi en raison d’un dégât des eaux qui a eu lieu dans notre chambre durant la nuit. Le sol est recouvert de plusieurs centimètres d’eau, nos sacs ainsi qu’une bonne partie de nos affaires sont mouillées. Peut-être est-ce l’eau du puits qui est montée un peu trop haut durant la nuit ? On discute du problème avec la réception, qui nous convie à prendre notre petit-déjeuner (compris dans la chambre) pendant qu’ils règlent le problème. Lorsqu’on retourne dans la chambre, on voit bien qu’ils ont enlevé le surplus d’eau par terre et mis le chauffage à fond. Quand bien même, nos affaires sont toujours mouillées. Il est 10 heures, le check-out est à 11h. Et la réception nous fait comprendre qu’on ne peut pas être en retard. Il n’y a aucune chance que nos affaires sèchent en une heure sans l’aide d’un sèche-linge. La réception nous dit qu’ils n’ont pas de sèche-linge et comme ils ne parlent pas un mot d’anglais, ils appellent quelqu’un qui fera office de traducteur. Ils nous demandent finalement de leur apporter nos affaires et nous les ramènent 20 minutes plus tard, partiellement sèches. On comprend qu’on ne pourra pas obtenir mieux.

La pluie n’a pas cessé, est même pire qu’hier. Le brouillard ne s’est pas levé. Nous ne pourrons pas profiter de la visite de Mardin.



Nous avons tout juste le temps d’acheter nos billets de bus pour quitter la ville, de manger un morceau avant de prendre la direction de la gare routière. C’est ici que nos chemins se séparent : Victorien entame son trajet retour vers la France tandis que Victor et moi, nous rendons dans le Nord du pays, dans l’espoir de profiter de la neige d’Erzurum pour Noël.

La gare routière est bondée. On voit des gens arriver en chantant, certaines femmes pleurent. C’est le départ des jeunes hommes pour leur service militaire, obligatoire en Turquie.

Nous avons choisi de diviser notre trajet vers Erzurum en deux étapes. La première étape nous emmène à Bingöl depuis Mardin et la deuxième étape nous permettra de rejoindre Erzurum. Cependant, la gare routière de Bingöl n’est pas indiquée au bon endroit sur Google. Lors de nos recherches, nous avions vu plusieurs hôtels à côté de la gare routière, cependant là où le bus nous dépose, il n’y a rien aux alentours. Pas même un restaurant ! Nous sommes un peu embêtés, il est 21h et nous n’avons absolument pas envie de prendre un taxi pour aller en centre-ville pour essayer de trouver un hôtel. Non, nous décidons d’avancer l’heure de notre prochain bus à 2h30 du matin et nous nous allongeons sur un banc dans la gare routière.



Erzurum

On atteint Erzurum vers 5h du matin et il fait -16 degrés Celsius. On attend que le service de bus de ville commence et à 6h, nous voilà en route vers notre hôtel. Les quelques minutes qu’on passe dehors nous suffisent pour comprendre l’ambiance : les routes et les trottoirs sont gelés, des stalactites énormes sont présentes devant chaque devanture de magasin, et sur la carrosserie des bus et des voitures. Au début, on trouve ça plutôt drôle, bien sûr. Ça l’est beaucoup moins quand on voit ces mêmes stalactites s’écraser au sol à nos pieds ! On comprend que le danger à Erzurum ne vient pas uniquement du sol gelé, mais également des toits au-dessus de nos têtes !

L’hôtel nous autorise à réaliser notre check-in plus tôt que prévu et on s’effondre sur le lit dès qu’on ferme la porte. A 9h45, on se rend au petit-déjeuner, compris dans le prix de la chambre. Nous avons prévu de rester 5 jours à Erzurum, pour se poser un peu, réfléchir à la suite de notre voyage et pour passer Noël sur les pistes de ski !

Vers 16h, nous quittons notre chambre d’hôtel pour découvrir un peu la ville. On s’arrête boire un café, on joue un peu dans la neige, on va dîner. Et puis on rentre tranquillement à notre hôtel, même si on s’est reposé cet après-midi, la fatigue est toujours là.



Le lendemain matin, on se rend au consulat iranien pour tenter de faire accélérer notre demande de visa pour l’Iran. Ça fait déjà plus d’une semaine que nous l’avons effectué et nous n’avons pas eu de retour. Lorsqu’on arrive au consulat, le réceptionniste nous dit que son système ne fonctionne pas, nous devons revenir dans une heure.

On en profite donc pour visiter la maison d’Attaturk, une figure emblématique de la Turquie dont on a très peu parlé jusqu’ici. Il était temps qu’on s’informe un peu plus sur lui, sa vie. Malheureusement, aucune information n’est en anglais…




On tente ensuite d’aller au musée de la ville d’Erzurum qui est fermé.

On se rabat alors sur le musée de l’art islamique. Le bâtiment est très beau, les portes à l’intérieur sont très petites, il faut se plier en deux pour rentrer. On voit des habits et bijoux traditionnels, des armes, des tapis et des corans calligraphiés.



Nous retournons ensuite au consulat, où le consul en personne nous informe que l’Iran ne délivre actuellement pas de visa pour les français en raison du COVID. C’est apparemment une nouvelle de dernière minute car il nous est impossible de trouver une trace de cette règle sur internet. On est déçu, on comprend qu’on ne pourra pas aller en Iran. C’était une grosse partie de notre voyage alors nous devons maintenant penser à se réorganiser et voir les options qui s’offrent à nous.

Pour finir notre journée, nous visitons la citadelle de la ville, qui consiste principalement en un ensemble de murailles entourant une tour. En haut de la tour, nous avons une agréable vue sur la ville enneigée.

On finit donc par l’une promenade vers les trois tombes et on rentre se mettre au chaud à l’hôtel. Nous devons préparer les prochains jours que nous passerons au ski.



C’est en sortant de la douche, ce soir-là, qu’un drame se produit : Victor se cogne tellement fort le doigt de pieds contre le rebord de la douche qu’il en hurle de douleur. Quand j’arrive dans la salle de bain, je le vois tenir son doigt de pied, en sang. Son ongle s’est soulevé sous l’effet du choc. On fait un bandage de fortune pour la nuit et on se donne jusqu’au lendemain pour évaluer réellement le niveau de douleur.

Malheureusement, la douleur est toujours présente le lendemain matin et Victor ne peut pas marcher correctement. Un peu contraint par une Emeline inquiète, il consent à consulter.

L’hôtel nous appelle un taxi, nous sommes reçus immédiatement par un hôte de l’hôpital. Peut-être que c’est parce que c’est un hôpital privé mais des hôtes et des hôtesses sont présent.e.s. dès l’entrée dans le bâtiment et accompagnent les patients à travers leur parcours de soin. Nous sommes donc escortés par un jeune homme qui nous emmène voir un médecin orthopédiste. Sur demande du médecin, Victor va passer une radio. Notre hôte nous accompagne réaliser les papiers administratifs puis nous ramènent voir le médecin. Le verdict tombe, une fêlure est présente sur l’os du gros orteil. Victor doit porter une attelle pendant 10 jours minimum puis doit retourner voir un docteur pour un check-up. Le médecin installe l’attelle, qu’on ne doit absolument pas enlever et place un bandage sur le pied. Comme Victor ne peut plus porter sa chaussure (l’attelle est trop grande), il lui donne une sur-chaussure.




Bien sûr, le ski est formellement interdit !

Notre hôte nous raccompagne à la sortie et nous appelle un taxi.

C’est notre programme des prochains jours qui vient d’être chamboulé. On comprend qu’on ne pourra pas faire grand-chose à part rester à l’hôtel et sortir manger dans les environs.

Avant de rentrer à l’hôtel, on part à la recherche d’une paire de chaussures que Victor pourrait porter avec son attelle. Le problème est que les Turcs sont assez petits en taille et que Victor chausse habituellement du 45. Aucun magasin n’a des chaussures d’une aussi grande pointure, alors on n’imagine même pas trouver une ou deux peintures au-dessus. Après plusieurs magasins, on trouve des chaussures (du 44) qui sont assez souples pour être pliées à l’arrière. Avec un jeu de lacet, la chaussure tient plutôt bien en place.

Voilà comment Victor se retrouve à se promener avec deux chaussures différentes pendant 3 semaines

Le reste de notre séjour à Erzurum se poursuit calmement, alternant moments de repos et moments de visite. Évidement, avec le pied de Victor, les visites restent très succinctes et peu nombreuses.


L’envie était trop grande, on a quand même pousse le pied jusqu’à la station de ski Palandöken le jour de Noël. C’est très charmant, bien entretenu et avec une belle vue sur la montagne. On ne peut qu’imaginer la vue depuis les téléphériques et les sommets.



Avant de redescendre vers Erzurum, on se promet d’y retourner… avec les deux pieds en bon état cette fois…


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